Cabinet infirmier Le Corroller et Sébille à Casson – infirmières libérales assurant des soins à domicile

Lettre ouverte à nos patients : l’avenir des infirmières libérales en question

Lettre ouverte à nos patients

L’avenir des infirmières libérales en question

Chers patients,

Si nous prenons aujourd’hui la parole, ce n’est ni par corporatisme, ni par opposition aux autres professionnels de santé — et encore moins par opposition aux pharmaciens, pour lesquels nous avons respect et considération.
C’est avant tout par nécessité et par souci de transparence envers vous.

Nous sommes infirmières libérales, et notre métier, que nous exerçons chaque jour à votre domicile, devient de plus en plus difficile à maintenir. Non pas par manque d’engagement — bien au contraire — mais parce que les décisions actuelles mettent en péril l’équilibre économique et humain de notre profession.


Des décisions incompréhensibles

Aujourd’hui, le gouvernement choisit de transférer une partie de nos actes vers d’autres professions de santé.
Les pharmaciens, par exemple, seront autorisés à réaliser des pansements dits “simples”, rémunérés 12,50 €.

Dans le même temps, ces mêmes pansements, réalisés par les infirmières libérales depuis toujours, sont rémunérés 6,30 €.

Il ne s’agit pas d’opposer les professions entre elles.
Les pharmaciens font leur travail, avec leurs compétences, et nous n’avons rien à leur reprocher.

Notre interrogation porte uniquement sur les choix politiques et économiques qui sont faits.


Des questions légitimes

Nous nous interrogeons légitimement :

  • En quoi cela représente-t-il une économie pour la Sécurité sociale ?
  • Comment justifier qu’un même acte soit payé deux fois plus cher selon la profession qui le réalise ?

Une profession progressivement fragilisée

Ce n’est malheureusement pas un cas isolé.

Les vaccinations, autrefois au cœur de notre activité de prévention, ont déjà été confiées aux pharmaciens, et demain aux laboratoires.
Aujourd’hui, ce sont les pansements simples que l’on nous retire.

👉 Demain, quels soins resteront aux infirmières libérales ?

Dans le même temps, nos charges continuent d’augmenter : impôts, URSSAF, cotisations, carburant, matériel, assurances

Nous travaillons souvent tôt le matin, tard le soir, les week-ends et les jours fériés, pour des rémunérations qui stagnent — voire diminuent.


Une réalité économique préoccupante

À ce rythme, beaucoup d’infirmières libérales n’auront tout simplement plus les moyens de continuer à exercer.

Ce n’est pas une menace.
C’est une réalité économique.

Certaines renoncent déjà.
D’autres envisagent de changer de métier.
Demain, ce sont des cabinets entiers qui risquent de fermer.

Et la question que nous souhaitons vous poser est simple :

Qui prendra soin de vous à domicile lorsque les infirmières libérales auront disparu ?


Défendre les soins de proximité

Nous ne sommes pas opposées à l’évolution des professions de santé ni au travail en collaboration.

Mais cette évolution ne peut pas se faire en affaiblissant une profession essentielle, en dévalorisant ses compétences et en rendant son exercice économiquement impossible.

Cette lettre n’est pas un cri de colère.
C’est un appel à la réflexion, au dialogue et au respect de notre métier.

Car défendre les infirmières libérales, c’est aussi défendre l’accès à des soins de proximité, humains et de qualité, pour tous.


Nous vous remercions de votre confiance, chaque jour.

Laura et Stéphanie
Vos infirmières libérales à Casson